Femme enceinte et boisson chaude

Transit et grossesse : les plantes à mucilage pour vous soulager naturellement


Le transit pendant la grossesse, c’est l’un de ces sujets dont on parle peu et pourtant presque toutes les femmes enceintes y sont confrontées à un moment ou un autre. Constipation, ballonnements, lourdeurs digestives : ces inconforts sont fréquents, mais ils ne sont pas une fatalité. Et surtout, il existe des solutions douces, naturelles et adaptées à la grossesse pour les soulager efficacement.

Dans cet article, je vous explique pourquoi le transit se dérègle pendant la grossesse, et je vous propose des plantes à mucilages qui seront vos meilleures alliées pour traverser cette période plus confortablement.


Pourquoi le transit se complique pendant la grossesse

Plusieurs mécanismes entrent en jeu simultanément, ce qui explique pourquoi les troubles digestifs sont si fréquents chez les femmes enceintes.

La progestérone, d’abord. Cette hormone, indispensable au maintien de la grossesse, a un effet relaxant sur les muscles lisses de l’organisme, y compris ceux de l’intestin. Résultat : le transit ralentit. Les selles restent plus longtemps dans le côlon, où l’eau est réabsorbée, ce qui les rend plus dures et plus difficiles à évacuer.

La compression mécanique, ensuite. Au fur et à mesure que l’utérus grossit, il exerce une pression croissante sur les organes voisins, dont le côlon. Cet encombrement progressif contribue à ralentir encore davantage le transit.

Le fer en supplémentation. De nombreuses femmes enceintes se voient prescrire du fer en cours de grossesse. Or, le fer, même nécessaire, est constipant pour beaucoup d’entre elles. Si c’est votre cas, parlez-en à votre médecin ou sage-femme, il existe des formes mieux tolérées comme le bisglycinate par exemple.

La sédentarité et le stress. La grossesse peut limiter la mobilité, surtout en fin de parcours. Et l’anxiété, fréquente en période périnatale, a un impact direct sur le fonctionnement intestinal, via le lien entre cerveau et intestin.


Les solutions naturelles que je recommande

Le mucilage : le principe actif à connaître

Avant de parler des plantes spécifiques, il est utile de comprendre ce qu’est un mucilage. Ce sont des fibres végétales qui, au contact de l’eau, forment un gel visqueux dans l’intestin. Ce gel lubrifie le transit, facilite le passage des selles et protège la muqueuse intestinale. C’est doux, mécanique, non irritant, et parfaitement adapté à la grossesse. Par contre, il faut impérativement avoir une hydratation correcte au risque d’obtenir l’effet inverse.

Graines de chia, psyllium blond et gombos
Graines de chia, psyllium blond et gombos

Je vous propose de découvrir 3 plantes riches en mucilage et intéressantes dans ce contexte : les graines de chia, le psyllium et le gombo.


Les graines de chia

Les graines de chia sont issues d’une plante originaire d’Amérique centrale, la Salvia hispanica. Elles sont exceptionnellement riches en fibres (environ 34g pour 100g), dont une grande partie sous forme de mucilage. Elles apportent également des oméga-3 végétaux, du calcium, du magnésium et des protéines, un profil nutritionnel particulièrement intéressant pendant la grossesse.

Au contact de l’eau, elles absorbent jusqu’à dix fois leur poids en liquide et forment un gel translucide. C’est ce gel qui agit sur le transit : il ramollit les selles, facilite leur progression et régule le rythme intestinal sans provoquer de diarrhée. De plus, l’action de trempage permet de rendre les nutriments de ce super aliment beaucoup plus disponible.

Aujourd’hui ces petites graines se trouvent facilement dans les rayons bio des supermarchés ou en magasins bio directement.

Pudding de chia
Pudding de chia

Comment les utiliser : dans le cadre d’un soutien du transit, je préfère les proposer systématiquement sous forme de mucilage. Pour cela, faire tremper une cuillère à soupe de graine de chia dans un demi verre d’eau, remuer et laisser reposer minimum 10 min.

Vous pouvez utiliser le gel ainsi formé en faisant un pudding de chia (avec un peu de lait de coco et des fruits de saison) ou encore en boisson rafraichissante (mettre les graines de chia préalablement « mucilaginées » dans un grand verre d’eau avec un filet de jus de citron et quelques morceaux de concombre ou de fruits frais).

Précautions et contre-indications : Dans tous les cas évitez les excès, une cuillère à soupe par jour peut-être tout à fait suffisant dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Par ailleurs, veillez à boire suffisemment d’eau, ce qui participera aussi à l’amélioration de votre transit. Enfin, en cas d’allergie ou d’intestins très sensibles (MICI, diverticules, …), mieux vaut éviter et demander l’avis de votre médecin.


Le psyllium blond

Le psyllium blond (ou Plantago ovata) est sans doute la plante la plus efficace du trio pour réguler le transit. Son enveloppe de graine (le tégument) contient une concentration exceptionnelle en mucilage. Par contre, son profil nutritionnel de même que son goût très très neutre en font un aliment purement fonctionnel.

Il a la particularité d’être régulateur plutôt que simplement laxatif : il aide aussi bien en cas de constipation qu’en cas de transit trop rapide ou de côlon irritable. C’est un atout précieux pendant la grossesse, où les deux situations peuvent alterner.

On le trouve sous forme de téguments entiers en magasin bio ou en pharmacie. Mélangé dans un grand verre d’eau, il forme rapidement un gel épais.

Psyllium blond tégument
Psyllium blond

Comment l’utiliser : mettre le psyllium dans 250 ml d’eau et buvez sans attendre si vous n’aimez pas la texture gelifiée. Vous pouvez aussi en saupoudrer dans vos yaourts, compotes, porridges ou soupes.

Précautions et contre-indications : toujours boire un grand verre d’au après avoir pris votre psyllium et veillez à rester correctement hydratée. Le psyllium se prend à distance des médicaments (au moins deux heures) et des compléments alimentaires, car le mucilage peut réduire leur absorption.

Si vous n’êtes pas sûre du dosage commencez par une demi cuillère à café dans un verre d’eau. Observez les effets pendant 2 à 4 jours. Augmentez progressivement jusqu’à 2 cuillères à café par jour maximum.

Et bien sûr, en cas de doute ou si vous n’en avez jamais pris, vous pouvez toujours demander conseil à votre médecin.


Le gombo

Le gombo (Abelmoschus esculentus), aussi appelé okra, est sans doute la moins connue des trois plantes de cet article en France, alors qu’il est utilisé depuis des siècles dans les cuisines africaine, antillaise et asiatique, précisément pour cette texture visqueuse et filante que certains lui reprochent. Cette viscosité, c’est son mucilage naturel.

Contrairement au chia et au psyllium qui se prennent plutôt comme compléments, le gombo a l’avantage d’être un légume à part entière, que vous pouvez intégrer directement dans votre cuisine. C’est une façon très naturelle et très douce de soutenir le transit sans ajouter de « produit » à votre quotidien. Par ailleurs, certains disent que le gombo permettrait d’accoucher de manière « plus fluide ».

Son profil nutritionnel est intéressant pour les femmes enceintes : il apporte des folates (vitamine B9, indispensable en début de grossesse), de la vitamine C, du calcium, du magnésium et des fibres.

On peut le retrouver en magasin bio, dans les épiceries « exotiques », et de plus en plus dans certains rayons légumes des grandes surfaces, déjà cuits en conserves. Il se trouve aussi sous forme séchée ou en poudre, à diluer dans l’eau ou à ajouter dans un smoothie.

Eau de gombo
Eau de gombo

Comment l’utiliser : le gombo se consomme généralement cuit, de préférence à la vapeur douce ou dans un plat mijoté (comme le calalou antillais par exemple). Plus la cuisson est courte, plus le mucilage est actif. Il se marie bien avec les tomates, les épices douces, le riz ou les céréales. Pour ceux qui sont réticents à la texture, l’incorporer dans une soupe ou un curry permet de bénéficier de ses effets sans la retrouver dans l’assiette. Vous pouvez également en faire une infusion à froid en laissant mettant 3 gombos crus coupeés en rondelle dans un grand verre d’eau pendant toute une nuit, le temps que les mucillage se libère. Le lendemain matin, filtrez et ajoutez un jus de citron et dégustez.

Précautions et contre-indications : le gombo est bien toléré par la grande majorité des femmes enceintes. Comme pour toutes les fibres, veillez à maintenir une bonne hydratation. En cas d’intestins très sensibles ou de pathologie digestive connue, demandez l’avis de votre médecin avant d’en consommer régulièrement.


Quelques conseils complémentaires

Les plantes à mucilage sont efficaces, mais elles donnent leurs meilleurs résultats associées à quelques habitudes de base.

L’hydratation avant tout. Les fibres ont besoin d’eau pour gonfler et agir. Si vous n’êtes pas suffisamment hydratée, elles peuvent avoir l’effet inverse et aggraver la constipation. Visez 1,5 à 2 litres d’eau par jour, plus par temps chaud.

Le mouvement. Même une marche de 20 à 30 minutes par jour stimule le péristaltisme intestinal de façon significative. C’est l’un des gestes les plus simples et les plus efficaces pour le transit pendant la grossesse.

Les probiotiques. L’équilibre du microbiote intestinal joue un rôle central dans le transit. Une supplémentation en probiotiques adaptés à la grossesse peut être envisagée, c’est quelque chose que j’évalue au cas par cas en consultation.

Le massage abdominal doux. En suivant le sens du côlon (de bas en haut sur le côté droit, de droite à gauche en haut, de haut en bas sur le côté gauche), un massage doux du ventre peut aider à relancer un transit paresseux. A faire délicatement, avec une huile végétale adaptée à la grossesse.


Et après l’accouchement ?

Le transit post-partum mérite un article à part entière, et il en aura un prochainement. Les enjeux sont différents : le périnée fragilisé, les points de suture éventuels, la reprise d’un transit souvent chaotique dans les premiers jours. Les plantes à mucilage y ont aussi toute leur place, avec quelques adaptations.


En résumé

Les troubles du transit pendant la grossesse sont fréquents et liés à des mécanismes physiologiques bien identifiés. Les plantes à mucilage (chia, psyllium, gombo) offrent une réponse douce, naturelle et adaptée à la grossesse, à condition de les utiliser correctement et avec une hydratation suffisante.

Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé pour votre transit ou votre bien-être pendant la grossesse, je vous reçois à La Rochelle et à Paris, et aussi en visio.

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Cet article est à titre informatif. Il ne remplace pas un suivi médical obstétrical. En cas de doute, consultez votre médecin ou votre sage-femme.

Je suis Géraldine Picord, naturopathe certifiée CENATHO, spécialisée en périnatalité, à La Rochelle (L’Atelier des possibles) et à Paris 12ème.

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